Notes de répétition

je cherche tous les endroits de la memoire, de sa memoire, ou de la notre, le fractal, le detail qui fait exister le tout!

quand on rentre quelque part,
quand on raconte quelque chose,
quand on ecrit un discours,
quand on regarde quelqu’un dans les yeux,
quand on associe un poeme a un autre,
quand on associe un silence a un autre,
quand on ne fait rien,
quand on s’adresse a soi,
quand quelqu’un s’adresse a soi,
quand le monde nous ramene au point de depart,
quand on fredonne une musique,
quand on vit un tremblement de terre,
quand on explique quelque chose qui est beau,
quand on danse,
quand on a finit…

il y a 15 poemes, pour ces 15 actions, c’est infini, illimitable, inimitable, il y a tellement de vie dans si peu de mot..

c’est beau en 3 jours ce qui apparait et disparait, « etre » aussi impossible que de traduire « ser » et « estar » en espagnol comme en portuguais, ser et estar deux etat temporel d’etre, celui de l’instant pour estar, celui de la permanence pour ser

Cathy Pollini 

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Note d’intention de la tache

Comment dévoiler un secret de famille sans porter préjudice aux personnes directement impliquées ? J’ai imaginé l’aventure d’un conférencier qui tombe dans un trou de mémoire. Des personnages sont sortis de l’ombre. J’ai laissé se révéler les jeux subtils de miroirs et de séduction pour en faire jouer toute la complexité. Le drame s’est mis en place entre les personnages principaux de l’histoire, la reine, le travesti, l’idiot et la trainée avec en toile de fond le bébé, le garçon, la mère, le père. Dans ce monde bouleversé comme dans les rêves, les rôles s’inversent. Les différences entre les personnages perdent de leur définition. La chronologie se dérègle. Jonas devient tour à tour, le bébé, l’enfant, le père. Il est l’idiot, mais ne le sait pas. Ce monde du rêve permet des rencontres improbables dans un espace temps sens dessus dessous. Dans son trou mémoire, Jonas fait face à ce qui est habituellement caché. Pour le public de sa conférence, il cherche le sens. Son questionnement donne un éclairage sur les forces obscures à l’œuvre. La mise en scène montrera un ballet de personnages troubles qui apparaissent à la lumière, disparaissent dans le noir, reviennent, se frôlent et dessinent les méandres d’un sens tyrannique dont le protagoniste est la victime. La mise à jour de ce qui est maintenu confiné et à l’abri des regards s’apparente à un voyage initiatique. Après cette traversée des gouffres du dedans, quelque chose de nouveau peut commencer.

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Résumé de « la tache », une pièce de théâtre

Jonas Jonathan, un homme dans la quarantaine, comptable pendant la semaine et conférencier pendant ses heures de loisir entre en scène devant une salle pleine. La conférence intitulée « les mots peuvent-ils nous rendre sourds ? » commence brillamment. Jonas maîtrise son sujet. Mais, pour la première fois de sa carrière, il a un trou. Incompréhensible pour une conférence donnée plus d’une centaine de fois. Pour ne pas perdre la face et sortir de l’impasse, il décide, non sans courage, « J’en ai cela tombe bien », d’entrer dans ce trou de mémoire. Tout en douceur, après une longue expiration très lente, il entre dans son trou de mémoire. « Un trou confortable voire douillet ». Son arrivée est accueillie par des voix, un peu hostiles certes. Jonas n’y prête pas trop attention. « Méfions-nous du sens, restons dans l’observation factuelle ». Avec la rigueur d’un scientifique, il part à la découverte du fonctionnement de son trou de mémoire. Il foisonne de personnages mystérieux. Que fait cette reine avec son bébé ? Jonas tente de s’opposer à l’injustice à laquelle il assiste. Mais l’histoire qu’il découvre est déjà écrite, il ne la changera pas. Un travesti apparaît qui, par son indécence, risque de compromettre la conférence. Et que fait là cet idiot, la bouche ouverte d’où sortent des paroles incompréhensibles ? Jonas perd peu à peu son rôle d’observateur et de conférencier. Il est emporté et s’enfonce dans les ténèbres de son monde intérieur. Il entre malgré lui en dialogue avec les personnages. Il voit les comportements pervers et cachés. Il revit la violence de scènes anciennes. « La chronologie est dérangée ». Sa raison bascule. Il est envahi. « Je te remplis, je te donne les mots qu’il faut, comme l’eau, j’entre par tous tes orifices. » lui dit la reine. Il n’est plus aux commandes. Sa conférence lui échappe. Elle se fait sans lui.
Alors, il cherche la sortie, une question de survie. Mais où se trouve-t-elle ? « Elle n’existe pas » lui répond l’enfant « cela fait cinquante ans que tu la cherches ». Par hazard dans une chambre fermée depuis presqu’un siècle, il découvre une tache très ancienne.

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Théâtre et mémoire

Découvrir ce qui en nous en toile de fond se trame. 

Est-il possible de retrouver la mémoire dans une société qui fait tout pour nous rendre amnésiques. Travailler plus pour ignorer plus. Se souvenir n’est-ce pas commencer d’abord par oublier ? Oublier ce qui nous accapare quotidiennement, nos projets, nos objectifs, notre poursuite du bonheur. Fuite en avant appuyée par des croyances arbitraires sur le possible et l’impossible. Faisceaux de stratégies où la mémoire et le hasard n’ont plus leur place et nous isolent du monde. Retrouver ce qui s’est perdu n’est ce pas aussi prendre le temps d’écouter de ce qui secrètement est à l’oeuvre ?

Le passé est toujours présent à travers nos émotions
.
Ces angoisses, les colères, les tristesses qui prennent possession de nous, sont souvent les réminiscences de conflits passés sans cesse remis en jeu dans notre quotidien. Venus de notre théâtre intérieur, des personnages intrusifs parlent et agissent à travers nous. Des visiteurs, un père , une mère , un proche prennent ainsi possession de notre être et le perturbent d’autant plus que nous restons inconscients de leur présence Comment ne plus dériver et reprendre pied dans ce théâtre d’ombres ? Parmi eux solitaire, se trouve l’enfant que nous avons été. Il attend notre venue. La peur d’être emporté par notre ce monde intérieur incontrôlable nous éloigne de lui. L’histoire avec ses traces dans notre mémoire et notre corps est pourtant notre meilleure alliée. Avec les yeux de l’enfant, nous pouvons revisiter les certitudes, les idées reçues et les décisions qui ont déterminé notre vie. Régénérer par ces découvertes notre parole peut alors libérer les mots de leur chargent de mémoire.

Reconnaitre ce qui en soi est, ne nous appartient pas et (en) nous à part tient.

Quand ce n’est plus le discours libéral qui s’exprime sournoisement à travers nous, quand ce n’est plus l’autre qui nous fait exister, quand on abandonne plus cette part de soi à la famille, aux amis, au clan, dans l’intention d’être accepté, reconnue, part de soi donné en pâture, sujette à  prédation, alors il est possible de retrouver à la place vacante ce qui nous habite, notre héritage. Les ancêtres retrouvent leur liberté et dansent en nous. Quand l’identité ne se recherche plus dans le rejet de l’héritage, dans l’aspiration à l’originalité et qu’elle accepte ce qui est, un pas est fait vers notre libération. Aller à la rencontre de son héritage s’est reconnaitre ce qui en soi est, ne vous appartient pas et (en) nous à part tient. C’est reconnaitre ce qui nous fait bouger, ce moi qui est les autres.

Un face à face avec nous-mêmes.

Une des fonctions essentielles du théâtre est de nous inviter à nous engager sur ces chemins inverses de traverse où les repères tanguent. La mémoire est une terre d’accueil peuplée de spectres, fantômes, revenants. Le véritable comédien les accueille. Il est traversé par une multitude d’êtres qui parlent et travaille son corps ouvert et malléable comme l’argile. Il s’offre aux autres et les invite à entrer en lui. Le public peut dès lors entrer en scène et se découvrir face à face avec lui même. Le théâtre nous redonne alors un visage. Il donne le recul nécessaire à la lecture du monde et nous ancre dans la qualité d’un présent amène de fonder l avenir ou notre humanité chaque jour mis à mal, se revivifie.

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OR

Le chemin vers la connaissance met en lien des trous qui derivent dans notre mémoire. Sur ces sentes tortueuses peuplées d’ombres errantes, la honte hante. La conscience la fond dans noir. Fonte de honte qui entre dans antre. Nid de l’alchimie du sens où o et r sont enfouit. U s’y blottit et recueille au coeur de nuit une lumière d’or qui dessine des signes d’une histoire en fuite. Suivre son fil d’encre tissent les toiles de nos destinées.

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Assembler des débris

Une mémoire non accessible composée d’images, sensations, perceptions, émotions contribue à de notre représentation de soi, d’autrui et du monde. Elle se manifeste sans notre conscience et influence chaque jour nos décisions, nos comportements. Elle génère des pensées pour nous protéger des émotions liées à des événements oubliés. Ces pensées construisent un savoir rempart qui s’élabore avec une tentative de mise a mort en toile de fond de ce que l’on ne sait pas. Elles fabriquent des illusions qui sont les gardiennes de la prison de l’ignorance. Pour nous en évader, nous cherchons là où les pensées éclairent et non là où le souvenir est perdu. Mais pas pour toujours, dans les bas fond au milieu des décombres, des mémoires naviguent et esquivent les fantômes qui rôdent et érodent le sens enfermé dans des cryptes. L’écoute décrypte des signes, le regard inversé entrevoit des éclats, assemble des débris. Petit à petit ces bribes entr’aperçues s’assemblent en une forme qui nous ressemble.

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Voir sans savoir

Comment regardons-nous et que voyons-nous ? Voyons-nous le monde tel qu’il est ? Ou plutôt tel que nous aimerions le voir ?

Voir dans ce cas, est-ce maintenir caché ce que l’on ne veut pas voir et dépenser une grande énergie pour éviter de rencontrer ce que l’on tient à ignorer?

Pourquoi cette nécessité de garder dans l’ombre une part du paysage ? Quelles sont les peurs qui sous-tendent cette opération de camouflage ?

Le regard sélectif comme le tri est rassurant et prouve que nous sommes bien en contrôle. Nous contrôlons quoi au juste? Voir pour éviter quoi ? Éviter nos peurs, nos angoisses qui nous taraudent et nous rappellent que nous sommes insatisfait, que quelque chose ne va pas dont nous sommes les victimes ? Ne cherche-t-on pas à fuir ce que nous avons posé à l’extérieur et qui nous met en face de notre misère intérieure ?

Plutôt que de reconnaitre ce manque en soi, nous le plaçons hors de nous, pour en faire un attribut du monde. La vision de ce manque projeté hors de soi déresponsabilise, mais ne suffit pas à apaiser. Les projections sont inquiétantes, survivre demande de les oublier.

Mais de quoi manque t’on au juste aujourd’hui ? Si de toute évidence nous avons pendant notre enfance été nombreux à manquer d’attention, de considérations et de certains besoins essentiels, manquons-nous aujourd’hui de ce que nous n’avons pas eu hier ?

Comment sortir de cette fuite en avant,  cette état d’incomplétude, de désirs inassouvis et de souffrance qui nous séparent du monde? La cause de notre malheur ne vient-elle pas de notre volonté de vouloir  a tout prix éradiquer ce qui n’existe pas et prétendre contre toute évidence que ce que nous refusons de voir est bien réel ?

Quelque chose comme: « Je sais, mais je ne vois pas, mais ce que je ne vois pas existe, croyez-moi. Certes je ne tiens pas à le voir de peur de ne rien voir et par conséquent de ne plus savoir. Je ne tiens pas à effondrer les constructions sur lesquelles je me tiens. je ne veux pas me perdre.» La peur de disparaître dans ce processus est prégnante.Peur de voir comme peur de mourir.

Voir vraiment, n’est-ce pas inverser le regard, le tourner vers l’intérieur et être à l’écoute en soi de la présence du monde? Ne plus chercher à saisir permet d’être saisi par ce que l’on ignore.

Nous ne pouvons reconnaitre le monde quand nous l’enfermons en tentant de le rendre familier. Le monde lui nous reconnaît, nous accueil dans son mystère. Au seuil du regard, il y a la mort de soi, de son désir de comprendre, de contrôler, d’expliquer, mort du monde illusoire que nous avons élaboré, mort de nos certitudes.

Renaitre dans le regard que le monde porte sur nous.
Être comme la liberté de l’arbre offert a la lumière, au vent, nourrit par la terre et la pluie.

Parfois au detour du chemin, sans faire d’effort,  nous sommes surpris par l’instant présent. Le monde bascule et s’ouvre.

Je me rappelle une longue visite au musée d’art moderne de New York, je m’arrêtais devant chaque tableau et laissais les oeuvres me visiter, a l’ecoute de leur résonance ou leur silence. Au dernier étage du musée, je suis resté devant une très grande toile, une peinture des toits d’une ville, une œuvre magistrale. Je passais des détails à la vision d’ensemble, j’appréciais la composition très recherchée, revenais sur les détails. Je me laissais imprégner par l’oeuvre de ce grand artiste. Après un long moment, j’ai soudain réalisé que je n’étais pas devant un tableau, mais devant une fenêtre. Je regardais les  toits de New York. Le paysage était bien réel. Pendant plusieurs secondes j’avais vu la ville avec un œil neuf, comme jamais auparavant.

Je vais revenir à New York et signer cette fenêtre, je veux dire cette peinture, non c’est l’inverse. Je ne sais plus.

Changer son regard n’est donc pas difficile et ne demande aucun effort. À chaque instant il est possible d’abandonner les intentions qui sous-tendent le regard et masquent des pans entiers du monde. En un instant le regard peut s’inverser, entrer en nous et nous transformer.

Comment en arriver là?  Lire, analyser, étudier, pour  comprendre et pour savoir, en verlan pour voir ça ?

Peine perdue, le pouvoir donné au savoir est cécité. La négation vient à la rescousse et inverse d’une autre façon « savoir » pour créé « nonsavoir » ou « inconnaissance », un état de radical acceptation qui ouvre les yeux et laisse entrer en soi le regard du monde. Ce regard porté par la lumière qui est porté par le regard qui est porté par la lumière et inversement se déploie, danse et se conjugue dans tous les sens de traverse et nous traverse . Nos visages apparaissent alors avec les traits de leurs innocences originelles. Nous sommes arrivés « au vrai point de départ* ».

 
* Lorsque je suis venu Te prendre par la main,
Ce n’était pas par jeu, 
Ni pour t’arraisonner.
C’était pour arriver
Au vrai point de départ.
 
Guillevic
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Cheminer avec le Jongleur

Le Jongleur en racontant son histoire, montre le chemin qui conduit à notre véritable nature.
Grâce à une mutation intérieure, sa souffrance due à une grande injustice n’est plus pour lui la raison d’un comportement résigné et suicidaire.
Au contraire, ses blessures deviennent une immense énergie créatrice à la source d’un tout nouveau rapport au monde.
La souffrance souvent associée à la colère quand elle est maintenue confinée et silencieuse par la fuite et le déni est nuisible.
En revanche, accueillie et acceptée sans condition, elle fonde les bases d’une participation vivante et joyeuse au monde.
Le Jongleur a le courage de remettre en scène son histoire dramatique et de revivre en public l’événement fondateur de sa re-Naissance. Son premier cri est porté par ces mots « il faut parler, parler, Ohé les gens, il faut parler ».
Le jongleur guide les spectateurs là ou chemin s’ouvre sur de nouveaux horizons, avec sa parole, débarrassée des méandres qu’elle prend pour éviter les zones d’ombre, une parole authentique et lumineuse, à la fois terre d’accueil et chemin.

Plus sur le spectacle

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Notes de répétition

Dire la poésie de Roberto Juarroz est une façon de revenir vers le dénuement des origines et de rentrer dans une zone de non-savoir.

Le silence et le chant improvisé, le souffle et le son du mot mettent en résonnances ce qui est là présent pour nous.
Entre les mots fourmillent des tensions faites d’attirances et de répulsions, en prêtant l’oreille, nous pouvons entendre le silence de l’origine qui les porte.

Dire la poésie de Roberto Juarroz est un chemin vers l’être, il traverse les contradictions insolubles qui nous enferment, déjoue la logique et s’ouvre comme une main.
Mon intention en disant ces poèmes est de me retirer, d’être un passeur. D’accueillir dans le déséquilibre de l’abandon et le vertige du silence, un chant inconnu et lui donner un corps pour résonner.
Il pourrait alors s’élever un autre chant, celui de la rencontre et du partage.

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Être en fuite

Epris d’illusions

Le regard

Barre aux

Autres

L’être.

L’hôte

Pris en otage

Fait défaut.

Semblant

De formes

Sur la page.

Des signes émiéttés

D’incohérences

Dessinent errances

Du sens en fuite

Nicolas Allwright

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Transparent

« Percer un secret de famille parait être contre nature car le sens de soi s’est construit autour. Sa disparition laisse un vide ou l’être a peur de s’effondrer » N.A.

Au jeu de cache cache les parents trichent

Les grands cachent aux enfants des secrets qui créent des trous

L’être est grignoté

Gravitent autour des pensées niées

Saignées de l’âme

Que détrousser dans ces trous de mémoire?

Des nids de dénis noués ? Quels secrets niés ?

Craignez vous de délier le niai et entendre cet alliéné balbutier des idioms idiots?

Vidons l’abcès, entrons dans la transcendance

À l’évidence

Les vides dansent pour les trans-parents

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Ça voir

Peut-on voir notre intention d’oublier ce que l’on cherche désespérément à savoir ?

Peut-on voir notre intention de savoir ce que l’on cherche désespérément à oublier ?

L’espace laissé par un savoir disparu est-il vide ?

Peut-il être visible grâce aux mots qui en délimitent le contour ?

Un savoir disparu est-il plein de mots vides de sens ?

Peut-il être visible grâce au regard qui le contourne ?

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Dans le silence saute

Peinture de Valérie Dintrich

Dans le silence saute
À la place du mot
Dans le silence saute
Vous ne le direz

À la place vacante
Silence du mot dis-
Parut place vacarme
Vous ne le direz

Danse le mot danse le mot
Danse le mot pas dit
Danse le mot danse le mot
Danse le mot parti

Affolé le mot fuit
Feux follets dans la nuit
Affolé le mot fuit
Vous ne le direz

Disparus mots dits par
Tit pas dits mots paraît
Disparus dits partis Vous ne le direz

Danse le mot danse le mot
Danse le mot pas dit
Danse le mot danse le mot
Danse le mot parti

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Cours cours cours

Peinture de Valérie Dintrich

Tu cours vers des vies en vue
des vies dévient entre les vies en vue
entre les vies en vue place
le dit pas vu se déplace
entre ces vies vues les vies vite dites vues
ne remplacent pas la vie non dite pas vue
survie du dit qui dicte une vie sans place
s’efface la vue

Cours cours cours, cours cours cours

Tu cours après le son dégrippes le temps agrippes les mots laboures le cri jettes l’appris tu cours après le son du fond du mot fondu ouvert au fond fuis le mot du son des cris des suites de sauts défaut des mots défi du sot vides le faux fais fis des mots

Cours cours cours, cours cours cours

tu cours après des traces de sons sons tracés détrousses des trous entrelacés sons lacérés phonèmes en fuite offrent fissures don du son démoli scindé le sens dandine assoiffe l’instant décoiffe le temps

Cours cours cours, cours cours cours

Je cours les mains dans la bouche purée de glose engluée trébuche dans la bouche pur étranger de souche fugue la langue fourche avalanche de fange vomis de voyelles consonnes à tous vents libèrent labiales emmêlées

Cours cours cours, cours cours cours

tu cours à l’envers du temps vers lent à dire laisses faire l’enfer du temps tendu vers l’en avant versant sous le vent fervent verlan tendre verdure verdir des vides verdeur avide

Cours cours cours, cours cours cours

Je cours ainsi vers en vie vole vœux vacille vie s’en va vagis vide cours sourd creuse creux tente atteindre porte atteinte assaille sens frotte froufroute aux frondaisons faux songes fruit de signes essaimés à la cime sang aimé mille amours murmurent mises à mal mort mue mort mue mort mue mort mue mort mue…

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L’aimer ma vie

Peinture de Valérie Dintrich

les mets ma li per la té gé
l’aimer ma vie perle là léger
t’es bien né t!as tété les nénés d!ta mama
vie lattée vis là tes jets

dit craché caché postillonne
frizzante rasante labourée
parole par vol à cran tes crocs accrochent
se frottent aux peaux hérissées

à l’œuvre où j’échoue je chuchote

appel maintes fois mains pétries
de soufre visque joui musc
voile lèvres mouillées mur-
mure abcès absence sens

sans dessus dessous j’ai chu je sussure

cassées coller pièces éparses
cloisonnées dans temps parallèles
mondes à flot ondulent frottent
dévoilent ponts irréparables

à l’œuvre où j’échoue je chuchote

la glotte glousse dans la glaise
rumeurs barbouillées idées liées
minée effractée la phrase
ose frayer entre fissures

sans dessus dessous j’ai chu je sussure

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Appatez appatez

Peinture de Valérie Dintrich

Appâter appâter les mots en pâté
modeler modeler les mots mous terrés
c’que t’as massé là flou parqué au taquet
à la cata qui se cache la traque

vomissure des fissures désenfouies la fougasse
malaxe remalaxe la syntaxe à la main
nue dis-tu désunis dis de nous dévie
à la cata qui se cache la traque

Détraque la bourrasque façonne la molichonne
débourre le bourricot évase la phrase sage
ébouriffe la bizure joue le rif qui défrise
à la cata qui se cache la traque

ramène-la ta fraise dans le phrasé déjanté
insanités bouts gobés ah ça niqués
jongle les brisures vrille les meurtrissures
à la cata qui se cache la traque

Mets-le bas le bâillon fracasse la chappe
aux commissures crasse coincée crache là c!qui t!gâte
claque les papilles esclaffe les pupilles pige ?
à la cata qui se cache la traque

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Respirer le pire est à venir

Bouche déviante débourre bout à bout pets sans articuler papier mâché encre trou ensemence lettres blotties rebelles à se désintégrer dépose œil dans oreille retire orteil reprend or au cœur du corps là eau air découlent à goutte couleur au fon du on du lé in tru z é mé é sé mé tri tu ré plique ploc flaque morfondu lé rampé nez dans terre posé fardeau ôté cerveau chaviré clavicule

Sous nous nage nous rompus
Aurions ris sous vie rage
Parlé franc je mens tremble
Largué je langue étrangle

Bref breaker s’retrouver sois même mais moi même toujours pas su faut sous pour changer plus s’ressembler s’créer p’tit chez soi seul moi soif atelier à te délier moêlle cervicale dessous vraie vie vrille l’éventré pour sucer substance manquante le zéroser arroser oseille toi aidé moi à m’aimer peux pu téter lait respiré le pire est à venir

A voix nue train-train taire
Atteindre hymne attendri
Tournelles pas mer à boire
Ramé rat voir ailleurs

Articulattention lâchéxpiréclattention  relâchéemenuemenuise
Artspiralaspirésoufflé chérie tu m’entends ? On reprend, où en était-on ? Inspiré papille oxygène cellulex piré le va dou puirégymnastiqué lacommodemagazinière prend du bon temps oubli visage ridériderrièridiot traqué poussière dépité s’rela xécrémé la peau jenycroispastropmaisquandmêmeachètentubex près à jetter chair objette jouiblier cachette ou poubelle respiré le pire est à venir

Sous nous nage nous rompus
Aurions ris sous vie rage
Parlé franc je mens tremble
Largué je langue étrangle

Plastiqui collapeau papieraukilo mètredudoudou auculpet sansarticulé chemisesoldécidé vitedesidéconomisé part marché normalité ou plier bagages mal supporté âge sèche peau est-ce eau est-ce pollution help cerné par rayons jets d’objets perdpieds lumièredé néonslabyrinthé au café préparé rentrée projeté avenir sécurisé heureuxsifié s’calmé reprendre liste respiré le pire est à venir

A voix nue train-train taire
Atteindre hymne attendri
Tournelles pas mer à boire
Ramé rat voir ailleurs

P’tite pâtisserie jaune fluofoncéssésemalauventre faire taire le fond artères bouchées à la haine taire l’ouvert bourré le mou verrouillé le trou multiplié cloisons entrelacées pour rien errant éreinté cherché désir assouvir tu es tu m’entends-tu chérie ? Tendre tentures amour de murs mûris de cul de sac plastiquembalépetitpiedpatrouvé remboursé ou soldé il faut choisir liberté c’est acheter respiré le pire est à venir

Sous nous nage nous rompus
Aurions ris sous vie rage
Parlé franc je m’en tremble
Largué je langue étrangle

A portée de mains portablésurconsommiermieux rêvé quenelle connectété 30 % en plus à communiboufféqué s’grisé à r’gardé papillonner pets parlés sur monde de chocolat p’tit creux nausépadirevéritélé sans quoi pourrait pas relâchié relanchié machinéconomique s’torché amnésique croissensationnelledoradormiradoré tendu du coucoucircuité fait comme un ratspiré le pire rat venir

A voix nue train-train taire
Atteindre hymne attendri
Tournelles pas mer à boire
Ramé rat voir ailleurs

Indigestion mot fait tourments songe toutoublié vidévier bouchépargné hargne à venir tout le tralala insinué brouté en pâture ainsi mué donc carcan cantonné chez soi disant glué à anoné touffé l’ennui noir et haut hissé pavillon paparadé rot raté par éradiquer terrorristérie rameuté Dieu

Incité en somme     à chanter en homme     pantin pantelant
Age dérapage     ramure acculée     tentaculée murs
Troublion troue vies     dédouble le cri     enflamme le son
Déboule à la lu     à la li limé     lumé mière unis

Nicolas Allwright. Monfroc le 16 Janvier 06/10 Février

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Oublier pour se souvenir

Peinture de Valérie Dintrich

Est-il possible de retrouver la mémoire alors que la société fait tout pour nous rendre amnésiques. Travailler plus pour ignorer plus. Se souvenir n’est-ce pas commencer d’abord par oublier ? Oublier ce qui nous accapare quotidiennement, nos projets, nos objectifs, notre poursuite du bonheur. Fuite en avant appuyée par des croyances arbitraires sur le possible et l’impossible. Faisceaux de stratégies où la mémoire et le hasard n’ont plus leur place et nous isolent du monde. Retrouver ce qui s’est perdu n’est ce pas aussi prendre le temps d’écouter de ce qui secrètement est à l’oeuvre ?


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Pillage

L’homme moderne se trouve chaque jour volé de quelque chose sans que l’on sache très bien quoi. C’est ce que nous cherchons à identifier pour arrêter le pillage de notre être et en inventer un nouveau, à la fois plus vulnérable et plus fort.

Peinture de Valérie Dintrich

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Ces temps-ci que sait-on?

Ce que l’on sait,

est cette scansion qui ouvre sur le vaste champ des possibles champêtres, tempête ouverte des mots à l’assaut par monts et par vaut de vils territoires bien gardés ,

Ce que l’on sait,
est une aventure qui ouvre nos boites de plans d’or misent au rébut et choie nos rêves les plus extravagants,

Ce que l’on voit
est des espaces vacants où jeter les entraves et aller vers des viviers de lumière et dévier ainsi nos vie vers l’éveiller rêvé,

Ce que l’on voit,
ravigore les chairs, fait feu de tout bois, festoie les orifices d’artifices sacrificiels, , tricote les franges, entre en matière fière de se fripponner le faciès de facétie aussi futiles qu’inutiles.

Ce que l’on n’en sait pas,
nous saute du lit, allume des milliers de scintillements, affolle nos sens et les raffollent.

Ce que l’on pressens,
va en tous sens, en sots, denoue des bouts qui, en sommes, ça dit, sonnent et sément
d’antiques esquisses,

Ce que l’on entend
est le chant de prières les mains jointes en lambeaux

Ce qui,
ne se, qui peu sait, poussait sans cesse toujours,

Ce,
qui,

Ce
que,

Ce
quoi

Donc
où?

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